Des attentes élevées

À la recherche de l’excellence tout au long de sa carrière

 « Nous devions penser davantage à la communauté. »

Dr Arnold Naimark est né en 1933, en plein cœur de la grande dépression. Ses parents étaient des immigrants d’Europe de l’Est qui tentaient de joindre les deux bouts dans le fameux quartier North End, à Winnipeg. Peu éduqués, ils élevaient leur fils à une époque et en un lieu particuliers, et de manière à ce qu’il puisse se réaliser pleinement – dans un climat où les gens travaillaient fort, lançaient des entreprises et allaient à l’université, malgré l’adversité.

Eh bien, non seulement Dr Naimark a-t-il fréquenté l’université, mais il en est même devenu le président. Et comme ses parents et sa communauté l’avaient fait pour lui, il a créé un climat pour la recherche médicale au Manitoba où il était attendu que les meilleurs chercheurs seraient recrutés, encouragés et soutenus par une solide infrastructure de recherche. Le genre d’infrastructure qu’il a fortement contribué à mettre en place à l’Hôpital Saint‑Boniface.

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Pendant qu’il était doyen de la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba, Dr Naimark siégeait aussi au conseil d’administration de l’Hôpital Saint‑Boniface. « Il est devenu évident pour moi que Saint‑Boniface, qui devenait un hôpital universitaire de plus en plus important, avait de la difficulté à créer une force de recherche », se souvient Dr Naimark. Une partie de la difficulté venait du fait qu’il n’y avait pas de programmes de recherche permanents auxquels les chercheurs recrutés auraient pu s’attacher. Les chercheurs restaient chez nous quelques années, puis s’en allaient ailleurs.

C’est pourquoi Dr Naimark a commencé à partager sa vision des possibilités offertes à l’Hôpital Saint‑Boniface avec des collègues et des dirigeants clés. « Si nous voulons construire un campus universitaire ici à Saint‑Boniface, il faut vraiment créer une base de recherche pour que, quand les gens viennent, ils voient que nous avons des scientifiques, des technologues, du personnel de soutien avec qui ils peuvent créer des liens et qui les aideraient à se lancer », déclare-t-il.

Une grande partie de sa vision reposait, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, sur des installations de recherche désignées. « Un des grands attraits pour tout chercheur, ce sont les locaux; donc, si on crée de nouveaux locaux, modernes, dotés de l’équipement dernier cri, qui procurent l’infrastructure voulue pour la recherche, on a un avantage concurrentiel par rapport au campus des sciences de la santé pour ce qui est d’attirer les gens et de les garder », dit-il.

L’enthousiasme a crû, la Fondation de l’Hôpital Saint‑Boniface et ses dirigeants se sont ralliés à l’idée, les donateurs ont répondu à l’appel et, en 1986, le centre qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Centre de recherche Albrechtsen de l’Hôpital Saint‑Boniface a ouvert ses portes. Mais avant même que les portes ouvrent, Dr Naimark – avec Dr Henry Friesen (qui a succédé à Dr Naimark comme directeur du Département de physiologie de l’Université) et au Dr John Foerster (qui est devenu le premier directeur général de la recherche) – a commencé à voir grand. Et à recruter grand.

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Le premier coup de maître a été de recruter le légendaire cardiologue Dr Naranjan Dhalla et presque toute son équipe. « D’abord, c’était une équipe clairement définie, avec à sa tête un chef solide, affirme Dr Naimark. Ensuite, on a toujours su que l’Hôpital Saint‑Boniface se spécialiserait dans les sciences cardiovasculaires. »

Les premières pierres étaient posées. Ce fut plus facile ensuite d’attirer d’autres grands noms de la recherche et de les former. Pour Dr Naimark, un des grands avantages pour un centre de recherche d’être associé à un hôpital, c’est le fait que les chercheurs ont accès à des cliniciens et des patients et peuvent faire leur travail dans un environnement hospitalier réel. « Cette proximité est un réel avantage, ajoute-t-il, car il est plus facile de mettre en pratique le savoir acquis en laboratoire ou, comme le disent Dr Naimark et d’autres, « de faire passer le savoir du labo au chevet du malade ».

En 1981, Dr Naimark est devenu président de l’Université, poste qu’il a occupé pendant 15 ans. Pendant toute la durée de son mandat, c’est avec la même ferveur qu’il a cherché à faire progresser le programme de recherche de l’Hôpital Saint‑Boniface.

Sa passion pour le programme de recherche n’a d’égal que son vif intérêt pour la promotion d’un réseau de santé solide et équitable. C’est un intérêt qu’il a acquis tôt dans sa carrière, quand il travaillait aux côtés de feu Dr Jack Hildes. Dr Naimark a œuvré à la création d’une division de médecine communautaire à la Faculté de médecine, dont Dr Hildes allait être le directeur, dans le but de créer un lien entre les programmes d’approche comme l’Unité médicale Northern, fondée par Dr Hildes, le nouveau Département de médecine familiale basé à Saint-Boniface, et un Département de médecine sociale et préventive revigoré.

L’introduction de l’assurance-maladie a transformé les soins médicaux au Canada, qui est passé d’un modèle essentiellement privé à un modèle essentiellement public. « Pour traverser cette période de transition, il fallait penser les services de santé dans une perspective communautaire plus vaste », explique Dr Naimark. Nous avons donc recruté des sociologues, des démographes et des économistes, pour nous aider à trouver la meilleure façon de répondre aux besoins de la communauté. »

Pour Dr Naimark, tout cela semble la continuation du climat axé sur des attentes élevées dans lequel il a grandi. Il s’attendait à ce que les réseaux soient efficaces, s’adaptent et soient équitables pour tous.

« C’était une époque palpitante. On jouait un rôle dans les nouveaux développements, on s’associait à des gens qui avaient le même vif désir de mieux faire, d’innover et d’éliminer les barrières qui nuisaient au progrès », affirme Dr Naimark.

C’est cette même passion et ce désir de supprimer les obstacles qui ont fait de Dr Naimark un excellent leader – un des chefs de file visionnaires qui ont contribué à mettre le Centre de recherche Albrechtsen de l’Hôpital Saint‑Boniface sur la carte.

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