Dr Benedict C. Albensi:
Comprendre le cerveau

Une génération vieillissante qui inspire

Dès le jour où il a commencé à s’intéresser à la science, le Dr Benedict Albensi était fasciné par le cerveau.

J’ai commencé par m’intéresser à l’esprit humain et au fonctionnement de la mémoire, à savoir comment les souvenirs se forment et s’enracinent », explique le Dr Albensi, chercheur principal au laboratoire de la plasticité synaptique et du dysfonctionnement de la mémoire cellulaire du Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface.

Un engagement personnel

C’est en raison d’une expérience familiale personnelle qu’il a décidé d’orienter ses travaux vers la recherche sur la démence et la maladie d’Alzheimer. « J’ai vu ma tante prendre soin de peine et de misère de son mari Alzheimer pendant dix ans », dit-il. « Ce n’était pas beau à voir. Sa vie d’aidante naturelle était très pénible. La triste ironie dans tout ça, c’est qu’après le décès de son mari, elle a elle‑même été atteinte de démence et a dû être placée en institution. Quand vous voyez ça, vous comprenez à quel point c’est tragique, et vous vous dites qu’il faut absolument faire quelque chose.

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La mitochondrie et la maladie d’Alzheimer

À titre de chercheur principal au Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface, les travaux du Dr Albensi se penchent sur deux volets : tenter de comprendre le fondement biologique du fonctionnement normal de la mémoire et mener des recherches sur la maladie d’Alzheimer avec son équipe dans le but de déterminer si le dysfonctionnement des mitochondries ne serait pas une cause importante de la maladie d’Alzheimer. La mitochondrie est la partie de la cellule qui produit l’énergie. Si elle cesse de faire son travail, la maladie d’Alzheimer peut se développer. L’équipe de l’Hôpital Saint-Boniface essaie de trouver des moyens de protéger la mitochondrie. Les résultats préliminaires permettent de supposer que la créatine pourrait être un élément de solution.

La créatine et la mémoire

Il y a plusieurs années que les amateurs de culturisme prennent des suppléments de créatine pour rapidement augmenter leur masse musculaire. On a aussi étudié cette substance récemment sous l’angle de la maladie de Parkinson et de la maladie de Huntington, et les résultats obtenus étaient passablement positifs, surtout pour ce qui était d’améliorer la mémoire », souligne le Dr Albensi. « Nous avons commencé à faire des essais depuis environ deux ans sur les modèles animaux que nous utilisons pour la maladie d’Alzheimer, afin de voir si la créatine peut améliorer le fonctionnement des mitochondries.

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Le Dr Albensi et ses collègues examinent comment les répercussions à long terme des traumatismes crâniens (p. ex., les commotions cérébrales chez les athlètes) peuvent influer le développement de la maladie d’Alzheimer à un âge plus avancé. Leurs travaux continuent de dévoiler les mystères du cerveau et d’ouvrir des avenues possibles dans la lutte contre cette terrible maladie. Le travail avance parfois à pas de tortue, et, comme il arrive souvent en sciences, il faut une bonne dose de tolérance aux déceptions. (Paraphrasant Thomas Edison, le Dr Albensi préfère penser que l’échec n’existe pas, mais qu’on découvre en fait les autres façons que quelque chose ne fonctionne pas.)

En plus de la patience, le Dr Albensi souligne que la démarche de recherche doit reposer sur une solide éthique du travail. L’ardeur au travail est une valeur qu’il a héritée de deux personnes bien spéciales, qui l’ont lancé sur la voie de la réussite.

Le cheminement du Dr Albensi : travail manuel, photographie et enfin, science

Le Dr Albensi était âgé de 9 ans et habitait dans le sud-ouest de Chicago quand ses parents ont divorcé. Le garçon est alors allé vivre avec ses grands-parents, qui formaient un couple dynamique et amoureux. Ils sont morts à deux jours d’intervalle, à 91 et 90 ans.

« Mon grand-père avait arrêté de fréquenter l’école après la quatrième année pour commencer à travailler, et ma grand-mère a quant à elle complété sa sixième année avant de faire de même », raconte le Dr Albensi. « Mes grands‑parents ne m’ont pas incité à devenir un scientifique, mais ils m’ont appris ce que signifie travailler dur. »

Après ses études secondaires, le Dr Albensi a pris la direction du New Jersey, son État de naissance, pour passer du temps dans sa famille élargie et réfléchir à ce qu’il voulait faire de sa vie. Il a trouvé un emploi dans une épicerie, en plus d’occuper divers petits boulots et emplois manuels, mais il sentait bien que ça n’irait pas à long terme. Il est donc rentré à Chicago et a fait quelques cours à l’Université Columbia en arts et photographie, mais encore là, il sentait qu’il n’avait pas réellement trouvé sa voie.

« Il manquait quelque chose », dit-il. « Je savais que la science me passionnait, alors j’ai décidé d’y revenir. »

Le Dr Albensi s’est alors inscrit à l’Université de l’Oregon, où il a décroché un baccalauréat, puis il a fait sa maîtrise à l’Université d’État de Californie, à Sonoma. Il a par la suite fait son doctorat à l’Université d’Utah.

Le venin d’araignée

Entre ses études de maîtrise et de doctorat, le Dr Albensi a accepté un emploi au sein de l’entreprise Natural Product Sciences, une petite entreprise de biotechnologie qui avait été fondée par deux diplômés universitaires passionnés de recherche qui commercialisaient d’excellents produits de santé. Ce fut là la première expérience concrète de la recherche du Dr Albensi, car il travaillait avec des molécules de venin d’araignée dans le but d’éventuellement mettre au point un traitement pour certains problèmes du système nerveux central.

« C’était génial », se rappelle le Dr Albensi quand il se remémore son passage dans ce laboratoire. « Je découvrais ce qu’était la science industrielle et le lien entre l’industrie et le milieu universitaire. »

Pour le Dr Albensi, le lien entre les sciences et les affaires constitue un morceau important du casse-tête quand on veut faciliter la mise au point de nouveaux médicaments, mais il reconnaît que d’autres scientifiques « se méfient un peu de la recherche industrielle. Certaines personnes pensent que les grandes sociétés pharmaceutiques sont un peu diaboliques, mais c’est grâce aux entreprises pharmaceutiques que des médicaments sont offerts sur le marché ».

Les meilleurs conducteurs en Amérique du Nord

Le Dr Albensi tient à remercier les Winnipégois d’appuyer son travail et celui de ses collègues. « Impossible de créer des solutions fondées sur des données probantes sans recherche », précise le Dr Albensi, « et l’aide financière que nous obtenons de donateurs du secteur privé et de particuliers est formidable. Les gens de Winnipeg sont d’une très grande générosité! »

Cet Américain d’origine aime aussi beaucoup le tempérament des Winnipégois. « Je n’ai jamais connu de gens aussi aimables et chaleureux que les habitants de Winnipeg », affirme le Dr Albensi. « Et vous ne me croirez peut‑être pas, mais les conducteurs de cette ville sont les meilleurs de tous ceux que j’ai vus en Amérique du Nord. »

Pour en savoir plus sur le Dr Benedict Albensi: www.sbrc.ca/albensi

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