Du magasin du coin à la clinique

Il s’agit avant tout de service à la clientèle

Il est très instruit et possède une grande expérience. C’est toutefois au centre-ville de Winnipeg, à l’intersection de l’avenue Higgins et de la rue Main, alors qu’il travaillait pour son père, que le Dr Bram Ramjiawan a appris quelques clés du succès comme clinicien chercheur.

« Au début des années 80, mon père était propriétaire d’une tabagie à proximité d’un arrêt d’autobus au coin de Higgins et Main », indique le Dr Ramjiawan, directeur de la recherche pour l’Institut de recherche clinique Asper de l’Hôpital Saint-Boniface. « À l’époque, plus de gens se déplaçaient en transport en commun et il s’agissait d’une intersection achalandée, alors les gens entraient et achetaient un magazine ou un sac de croustilles. »

À l’âge de 14 ans, habitant avec sa famille tout juste arrivée de la Guyane britannique après un passage à Toronto, le Dr Ramjiawan donnait un coup de main en travaillant au magasin et en effectuant les dépôts quotidiens à la banque. C’est ainsi qu’il a suivi l’exemple de la persévérance de son père qui a dû repartir à zéro après s’être installé à Winnipeg. Il a appris ce qu’est la confiance en voyant son père établir une bonne relation et une excellente réputation avec la banque. Et il a appris, par-dessous tout, ce qu’est le service à la clientèle et comment traiter les gens de tous les milieux avec respect. Ce savoir l’a mené très loin comme clinicien chercheur.

Respect du client

« J’ai beaucoup de respect pour le client, qui est tout le monde », ajoute le Dr Ramjiawan. « On ne peut pas exister sans comprendre qui sont les personnes que l’on sert. »

À titre de directeur de la recherche clinique, le service fait partie intégrante du travail du Dr Ramjiawan. Un travail qui est axé sur les personnes.

« Le terme recherche clinique signifie que des humains y participent directement », explique-t-il. « La recherche est un continuum. Il y a la science fondamentale où se font les découvertes, puis vient la recherche clinique où l’on essaie d’appliquer ces découvertes aux soins aux patients, aux traitements des patients et à la prise en charge des patients. Cette étape est très, très cruciale. Évidemment, les deux extrémités du spectre sont essentielles, mais les éléments transférables sont ceux où il est effectivement possible de voir la mise en application directe des résultats de recherche. »

Diplômé de l’école secondaire Sisler, le Dr Ramjiawan a été formé à l’Université de Winnipeg et à l’Université du Manitoba. À la fin de ses études, il a accepté un emploi au gouvernement fédéral comme responsable de la réglementation en matière de santé.

Le Dr Ramjiawan et son équipe supervisent actuellement plus de 300 essais cliniques à Saint-Boniface, dont 107 ont commencé en 2013. Les essais évaluent généralement les nouveaux appareils médicaux, produits thérapeutiques, médicaments ou vaccins et, de plus en plus, comment des aliments fonctionnels peuvent jouer un rôle accru dans le bien-être des humains.

« On ne peut pas exister sans comprendre qui sont les personnes que l’on sert. »

L’une des clés de la recherche fructueuse, précise le Dr Ramjiawan, est de prendre garde à ne pas répéter d’autres travaux, surtout quand la technologie permet autant de partage et d’accès à l’information.

Courrier postal

« Vous voulez bâtir sur ce que d’autres ont fait avant vous », explique-t-il. Le processus commence par une importante « revue de la littérature… de sorte qu’il est possible de cerner ce qui a déjà été accompli et d’imaginer comment faire passer ces travaux au niveau suivant ».

La technologie des communications facilite et accélère le processus.

« À nos bureaux, nous pouvons consulter un article qu’a publié le British Medical Journal le matin même », indique le Dr Ramjiawan. « Autrefois, je me rappelle qu’il fallait écrire une lettre au chercheur principal – après avoir entendu parler de l’article – et glisser un timbre dans l’enveloppe pour qu’il vous envoie un tirage à part par la poste. Les choses ont donc énormément changé. La technologie permet de réduire le délai de traitement, d’accélérer la diffusion et d’obtenir de meilleurs résultats plus rapidement. »

Science et éthique

Même si la vitesse est croissante, il est toujours indispensable que la recherche clinique demeure prudente, éthique et pertinente.

« La recherche clinique est extrêmement réglementée. Elle est en fait aussi réglementée que l’industrie aéronautique, et ce, pour de bonnes raisons! », explique le Dr Ramjiawan. « Il faut s’assurer que les choses se font correctement, qu’elles sont sécuritaires et réellement efficaces avant de les intégrer aux soins appropriés. Nous devons nous assurer que toutes les études que nous réalisons sont faites correctement, ce qui veut dire qu’elles sont scientifiquement éprouvées et éthiquement correctes. »

L’éthique et l’intégrité sont d’une importance primordiale pour le Dr Ramjiawan. Parmi ses nombreuses nominations et participations importantes, il est notamment examinateur pour la Commission de l’Union européenne sur les sciences de la santé et l’éthique et est coprésident du Comité d’éthique de la recherche à l’Hôpital Saint-Boniface.

Ainsi, lorsque le travail est novateur, solide du point de vue scientifique et rigoureux sur le plan éthique, le défi est de commercialiser ces découvertes importantes. « Pour moi, ‘commercialiser’ désigne le passage à la vie réelle », dit-il. « Comment pouvons-nous intégrer nos connaissances aux soins cliniques. »

C’est pourquoi, ajoute le Dr Ramjiawan, les partenariats avec l’industrie, d’autres hôpitaux et les gouvernements sont indispensables.

« Les entreprises sont les partenaires qui ont des bourses bien garnies et dont le but est de faire des profits. Les gouvernements sont là pour garantir la sécurité des Canadiens. Les hôpitaux font en sorte d’utiliser les meilleures méthodes auprès des patients », déclare-t-il. « C’est un équilibre complexe. »

Pour en savoir plus sur le Dr Bram Ramjiawan: www.sbrc.ca/ramjiawan

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