Dr Chris Siow:
Goûter au succès de la recherche

Gens en santé, économie prospère

« La première question que je pose à mes étudiants et à mes étudiantes est « savez-vous cuisiner? » explique le Dr Chris Siow, chercheur principal au Laboratoire de recherche sur les thérapies innovantes au Centre canadien de recherches agroalimentaires en santé et médecine (CCRASM) de Saint-Boniface. La cuisine comme métaphore pour la recherche est une idée qu’il a appris de son mentor le Dr Krishnamurti Dakshinamurti, actuellement professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba.

« Pour cuisiner un bon repas, vous devez réellement savoir quoi ajouter, la bonne quantité à ajouter et le temps nécessaire à la cuisson. C’est comme faire une expérience », ajoute Siow. Dans le laboratoire, vous devez ajouter les bons réactifs (ingrédients) dans les bonnes concentrations, ensuite, c’est un jeu d’essais et erreurs jusqu’à ce que vous obteniez le résultat voulu. » Le processus requiert de la patience, de la concentration et par-dessus tout « vous devez vraiment aimer la science », précise Siow.

L’étude des aliments

Pour Siow, la cuisine et les aliments sont en fait beaucoup plus que de simples métaphores pour la recherche. Ils constituent son sujet de recherche. Ses travaux les plus notoires sont axés sur les airelles et les plantes médicinales chinoises. La recherche est grandement axée sur le « kinome humain ». Siow décrit le génome humain comme notre « banque génétique ». Le kinome est un sous-ensemble du génome composé de gènes de la protéine kinase.

En langage clair, lorsque ces gènes kinases ne fonctionnent pas correctement parce que certains enzymes sont activés, une maladie peut se déclarer. Siow et ses collègues essaient de comprendre comment certains aliments peuvent prévenir l’activation de ces enzymes, empêcher la mort cellulaire, « et, en retour, protéger le cœur » ainsi que d’autres organes de notre corps.

Airelles

Les travaux actuels de Siow sur les airelles sont particulièrement passionnants. L’airelle, cousine de la canneberge, est généralement cultivée dans des climats nordiques, plus frais (ce qui explique son statut comme produit de base dans les épiceries du détaillant suédois Ikea). Cette baie est commune dans les forêts boréales du Manitoba et certains travaux de recherche suggèrent que plus qu’elle est cultivée loin dans le Nord, plus ses propriétés médicinales pour contrer les maladies sont efficaces.

Les travaux sur cette baie ont commencé en 2009 dans le cadre d’une collaboration avec un centre de recherche de Terre-Neuve qui examinait les propriétés des airelles (mieux connues sous le nom de thé des bois à Terre-Neuve).

« Je n’avais jamais entendu parler d’airelles auparavant », ajoute Siow. J’avais déjà entendu parler des canneberges, je les mange avec ma dinde! »

Retombées économiques – Nord du Canada

Siow décrit ces premiers résultats comme « très excitants » et les travaux se sont poursuivis depuis. Siow et son équipe découvrent que les airelles ont de remarquables propriétés antioxydantes et qu’elles peuvent prévenir les dommages cellulaires. Ce sont les Autochtones qui ont d’abord récolté et mangé cette baie pendant des générations et en ont apprécié les bienfaits sur la santé humaine. À titre de scientifique, Siow tient à saisir pourquoi les airelles sont si bénéfiques pour la santé. Comme Manitobain, il est impatient d’en parler sur la scène internationale, en reconnaissant qu’un intérêt accru au niveau mondial à l’égard des airelles serait bon pour l’économie , particulièrement dans le Nord de la province.

Ce qui aide aussi l’économie, précise Siow, est qu’il y a plus de gens qui sont en bonne santé en mangeant les bons aliments en quantités suffisantes. « Manger le bon type d’aliment et en manger avec modération peuvent prévenir la maladie. Lorsque les gens sont en santé, cela favorise l’économie. »

Siow est fier du rôle joué par lui et ses collègues pour bâtir une société plus saine, et fier de la performance du CCRASM, partenariat entre l’Hôpital Saint-Boniface, Agriculture et Agroalimentaire Canada et l’Université du Manitoba. « Nous nous efforçons de tirer le maximum de chaque dollar que nous recevons des donateurs et des contribuables. »

F De la Malaisie, en passant par New York, jusqu’à Winnipeg

Un coup d’œil au curriculum vitae de Siow est suffisant pour affirmer qu’il aime la science. Il est arrivé au Canada comme adolescent malaisien pour effectuer des études universitaires. Il obtient son premier diplôme de l’Université de Regina et s’inscrit ensuite à un programme de doctorat à l’Université du Manitoba. Par la suite, il suit un programme de recherches postdoctorales en neurosciences à l’Université Rockefeller de New York où : « les gens pensent que vous êtes bizarre si vous tenez la porte ouverte pour quelqu’un ou si vous respectez les feux de signalisation ». Siow mentionne que lui et ses collègues « ont joué fort et travaillé fort » à New York, malgré le fait de travailler dans un laboratoire bondé d’une cinquantaine de personnes et ouvert 24 heures sur 24. Après New York, où il travaille sous la direction de Paul Greengard, lauréat d’un prix Nobel, il part étudier à l’Université de la Colombie-Britannique, puis à l’Université de Hong Kong où il assume une énorme charge d’enseignement en plus d’effectuer ses recherches.

Retourner vivre à Winnipeg après Hong Kong a été une décision facile à prendre pour Siow. C’est un bon endroit pour élever une famille, la qualité de l’air est de loin supérieure à celle de Hong Kong, et, mentionne Siow, « c’est bon de revenir et de contribuer à la communauté qui m’a donné une partie de mon éducation. »

Pour en savoir plus sur le Dr Chris Siow: www.sbrc.ca/siow 

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