La recherche ressemble à la vie

On ne sait jamais ce que la vie nous réserve

Grant Pierce a grandi dans le Sud de l’Ontario et, lorsqu’il était jeune, il adorait le sport. Il était un partisan des Canadiens de Montréal et portait fièrement le chandail no 4 de Jean Béliveau. Lors de ses études à l’Université Lakehead de Thunder Bay, il s’est mis à jouer au basketball et il a fait partie de l’une des meilleures équipes intercollégiales au Canada.  Une carrière comme entraîneur ou comme enseignant lui semblait alors envisageable, mais la création littéraire inspirait aussi Grant Pierce. En outre, il aimait la chiropratique. Finalement, après ses études de premier cycle à Lakehead, il n’a pas pu résister au désir de faire de la recherche.

« Ils connaissent Winnipeg grâce au Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface. Pourquoi? Parce que les donateurs l’ont mis au monde. »

« Je voulais absolument devenir chercheur, car à l’époque, j’étais fasciné par le fait que certaines personnes étaient capables de grandes prouesses athlétiques, alors que d’autres n’étaient pas douées. J’étais convaincu qu’il devait y avoir une explication physiologique, explique le Dr Pierce, directeur général du Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface et professeur de physiologie et de pharmacie à l’Université du Manitoba. Il doit bien y avoir une raison physiologique expliquant pourquoi certaines personnes se fatiguent plus vite que d’autres. Quelle est cette raison? Pourquoi en est-il ainsi? »

Il a donc fait une maîtrise en mettant l’accent sur la physiologie de l’exercice, ce qui l’a mené à s’intéresser aux maladies et au fonctionnement de l’organisme. Depuis, plus de 30 années se sont écoulées et aujourd’hui, le Dr Pierce dirige une équipe de 40 chercheurs principaux au Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface. Il a publié quelque 200 articles évalués par un comité de lecture, a été cité à environ 4 000 reprises et est un chercheur reconnu à l’échelle internationale. Tout cela a été accompli par le partisan des Canadiens originaire de Welland, en Ontario, qui avait détesté la trousse de chimie qu’il avait un jour reçue à Noël.

Le parcours de la recherche

Le parcours professionnel du Dr Pierce rappelle un peu le domaine de la recherche. On commence à un endroit et on se retrouve ailleurs. C’est le cheminement qui compte.

Par exemple, prenons les travaux sur l’infection pulmonaire appelée pneumonie à chlamydia qui sont menés au Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface. Le Dr Pierce et ses collègues ont voulu comprendre le lien entre les maladies du cœur et les infections, comme la pneumonie à chlamydia.

« On trouve des composantes de la pneumonie à chlamydia dans les plaques qui se forment à l’intérieur des artères et qui causent des crises cardiaques. Pourquoi une infection pulmonaire est-elle présente dans les plaques qui obstruent les artères coronaires et qui finissent par causer des crises cardiaques? Nous nous sommes intéressés à ce mystère que nous tentons de percer depuis des années maintenant, précise le Dr Pierce. Nous avons examiné de quelle façon la pneumonie à chlamydia provoque une prolifération des cellules.  Une cellule se divise donc en deux, puis en quatre, puis en huit. Bien entendu, il s’agit un facteur critique de l’obstruction croissante des artères. »

En cours de route, le Dr Pierce et ses collègues ont commencé aussi à étudier la pneumonie à chlamydia en soi, sans tenir compte de son lien avec les maladies du cœur. Autrement dit, ils tentent de comprendre comment éliminer la pneumonie à chlamydia. « En ce moment, lorsqu’on a une pneumonie à chlamydia, l’infection est installée dans l’organisme. Elle ne disparaît pas, elle y reste, explique le Dr Pierce. Elle peut être inactive, mais elle reste présente. Elle peut éventuellement continuer à se développer. Nous n’avons pas vraiment de moyen de nous en débarrasser. »

La pneumonie des Chlamydiales

Le Dr Pierce et son équipe ont commencé à résoudre l’énigme de la pneumonie à chlamydia dans le cadre de leurs recherches sur les maladies du cœur. Ils essaient désormais de neutraliser l’infection en soi. Le cheminement compte.

En plus de son travail de gestion et d’enseignement, le Dr Pierce participe activement à titre de chercheur principal à quatre importantes études.  Son travail le plus en vue est axé sur les bienfaits de la graine de lin sur la santé cardiovasculaire. On sait que l’acide gras oméga‑3 présent dans de nombreux poissons est bénéfique pour l’appareil cardiovasculaire. La graine de lin, qui est cultivée en abondance dans les Prairies, est aussi riche en acide gras oméga-3. Le Dr Pierce et ses collègues étudient l’acide gras provenant du lin pour voir s’il se compare à l’acide gras trouvé dans les poissons. Les résultats sont très prometteurs. Tellement prometteurs en fait que son équipe procède à des essais cliniques pour déterminer si la graine de lin pourrait remplacer les médicaments pour stabiliser la tension artérielle.

La tradition de l’Hôpital Saint-Boniface

Le Dr Pierce éprouve une profonde fierté pour ses travaux et l’Hôpital Saint-Boniface. Il est particulièrement fier des relations entretenues par l’Hôpital dans le domaine de la recherche à l’échelle internationale et de son excellente réputation. Il en attribue le mérite aux donateurs de la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface.

« Peu importe le pays, que ce soit le Japon, l’Argentine, la République tchèque, l’Allemagne, la France, Cuba ou les États-Unis, le milieu scientifique connaît Winnipeg, affirme le Dr Pierce. Les gens ont visité Winnipeg, ils ont séjourné dans nos hôtels, ils ont rencontré nos familles, ils ont discuté avec nous et ont mangé en notre compagnie. Ils connaissent Winnipeg grâce au Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface. Pourquoi? Parce que les donateurs l’ont mis au monde. »

En effet, les donateurs ont jeté les bases nécessaires à la réussite de la recherche médicale. Ce sont des scientifiques déterminés et infatigables comme le Dr Pierce et ses partenaires du monde entier qui nous permettent de mieux comprendre la santé humaine.

Pour le Dr Pierce et ses collègues, le processus de recherche ne prend jamais fin. On continue d’avancer, on continue d’apprendre, on continue de découvrir. On ne sait jamais où la recherche mènera.

Une affiche sur la porte du Dr Pierce mentionne ceci « Vous aurez le reste de votre vie pour vous souvenir, mais vos souvenirs dépendront de ce que vous faites aujourd’hui. »

Si vous avez aimé l’histoire de notre chercheur ainsi que sa cause, veuillez faire un don.