Proposer des solutions en santé mentale

La thérapie SMTr est efficace pour lutter contre la dépression

Avantage : Modirrousta.

Grâce à l’expertise et à la passion de la Dre Mandana Modirrousta, chercheuse clinicienne, d’importants progrès sont accomplis dans le traitement de la dépression et d’autres problèmes de santé mentale au Manitoba.

« J’ai toujours été fascinée par les répercussions des cellules de notre cerveau sur notre comportement, notre tempérament, notre personnalité, nos choix, nos sentiments et notre pensée », mentionne la Dre Modirrousta, une adepte de tennis.

L’outil le plus important à sa disposition est l’appareil de SMTr de l’Hôpital Saint-Boniface qui y est utilisé depuis 2012. Le sigle SMTr signifie « stimulation magnétique transcrânienne répétitive ». Il s’agit d’une thérapie utilisée au Canada depuis 2002.
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« Ce traitement est relativement nouveau et vise à stimuler les cellules du cerveau, explique la Dre Modirrousta. Le traitement est non invasif et ne nécessite pas d’anesthésie. L’idée consiste à normaliser les fonctions cérébrales anormales en cause dans différents troubles neuropsychiatriques, comme la dépression, les traumatismes cérébraux, le trouble obsessivo-compulsif, la démence, etc. »

« L’idée consiste à normaliser les fonctions cérébrales anormales en cause dans différents troubles neuropsychiatriques. »

Pour recevoir un traitement de SMTr, le patient s’assoit dans un fauteuil qui ressemble à un fauteuil de coiffeur et on lui installe un appareil spécial sur la tête. Un clinicien applique des impulsions magnétiques ciblées pour stimuler l’activité cérébrale. Mis à part une irritation occasionnelle du cuir chevelu et quelques maux de tête, le traitement ne cause pas de douleur. Les traitements durent habituellement 40 minutes et les patients reçoivent en général de 20 à 30 traitements sur une période de plusieurs semaines. Certains patients ont besoin de traitements d’entretien au cours des mois qui suivent le cycle initial.

La Dre Modirrousta et ses collègues sont ravis de l’évolution de la SMTr en tant que traitement de remplacement ou complémentaire aux méthodes conventionnelles, y compris la médication, la psychothérapie, la thérapie de choc ou les électrochocs. Cela dit, elle précise que la SMTr n’est pas efficace pour tous. « Chaque dépression est différente. Les gens répondent donc différemment aux traitements en fonction du type dépression, dit-elle. Cependant, lorsque les patients sont de bons candidats pour la SMTr, ils y réagissent extrêmement bien. »

Après des études supérieures à Harvard, la Dre Modirrousta, qui a grandi en Iran, a accepté un poste à Winnipeg en raison du laboratoire de SMTr de l’Hôpital Saint-Boniface. Elle était impatiente d’utiliser ce système pour traiter les patients dépressifs et faire de la recherche sur les possibilités offertes par la SMTr pour le traitement d’autres problèmes de santé. L’Hôpital Saint-Boniface lui a offert ces possibilités.

À l’Hôpital, elle étudie l’utilisation de la SMTr auprès de patients ayant un trouble obsessionnel compulsif et elle est très intéressée à travailler avec des patients ayant subi une commotion cérébrale et d’autres lésions cérébrales.

« Chaque semaine, je vois de nombreuses personnes, soit après un accident de véhicule automobile ou une blessure sportive, qui disent tout simplement qu’elles ne sont plus elles‑mêmes. Pour ce qui est des symptômes, certaines se sentent comme dans un brouillard, d’autres se sentent déprimées, irritables ou ont de la difficulté à bien se concentrer. Elles ont des troubles de mémoire, des étourdissements, des maux de tête, elles sont sensibles à la lumière. Mais quand nous regardons le résultat de l’IRM, tout est absolument normal. »

La Dre Modirrousta aide ces patients à l’aide de la réadaptation cognitive et de la SMTr pour soulager leurs symptômes de dépression. Ses recherches cliniques auprès des patients, bien qu’elles soient exigeantes, ont un effet positif dans leur vie.
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« C’est très gratifiant et satisfaisant de trouver quelque chose et de pouvoir aider quelqu’un. On se sent à la fois ému, mais aussi valorisé et heureux, explique-t-elle. C’est comme une différente sorte de joie que nous procure la recherche. Lorsque l’on voit un patient en clinique, on le traite et le patient va mieux. C’est aussi très gratifiant. »

La Dre Modirrousta est aussi heureuse que son travail permette de traiter la dépression en tant que problème physiologique, ce qui contribue à combattre les préjugés concernant la dépression et les autres problèmes de santé mentale. Même lorsque la technologie actuelle d’imagerie clinique ne peut pas détecter de changement lié à la dépression dans le cerveau, la Dre Modirrousta traite le problème au niveau cellulaire.

Avant l’acquisition d’un appareil de SMTr par l’Hôpital Saint-Boniface en 2012, les patients de la région qui avaient besoin de traitements de SMTr devaient se rendre à leurs frais à l’extérieur de la province. La Dre Modirrousta estime que les patients devaient dépenser jusqu’à 7500 $ pour obtenir les soins dont ils avaient besoin (sans compter les frais de déplacement et d’hébergement). L’accès à un appareil est judicieux sur les plans clinique et économique, car il peut réduire les visites aux services d’urgence et les admissions en psychiatrie. Environ 11 % de la population aura des problèmes de dépression et, selon l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit de la deuxième cause d’invalidité à l’échelle mondiale.

Les donateurs de la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface ont joué un rôle clé dans l’acquisition du premier appareil en 2012, et on recueille actuellement des fonds pour l’achat et l’utilisation d’un deuxième appareil. Selon la Dre Modirrousta, ce nouvel appareil contribuera à réduire le temps d’attente qui peut atteindre neuf mois. Il permettra aussi de faire avancer la recherche pour les générations futures.

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