Le cœur d’une légende

Réunir des experts et viser l’excellence

« J’ai apporté une contribution assez importante à la médecine universitaire. J’essayais de comprendre comment l’insuffisance cardiaque apparaissait en présence de diverses maladies. »

« Les gens sont l’infrastructure la plus viable », affirme le Dr Naranjan Dhalla, une légende de la recherche sur les maladies du cœur maintenant âgé de 80 ans.

On peut aussi dire que le Dr Dhalla est un architecte accompli. En effet, il a non seulement bâti une remarquable infrastructure de recherche sur les maladies du cœur à l’Hôpital Saint-Boniface, il a aussi développé de vastes et influents réseaux internationaux pour échanger des idées et faire avancer la recherche dans le monde.

Lorsqu’on a approché le Dr Dhalla à Saint-Louis dans les années 1960 pour qu’il vienne à Winnipeg, il a accepté l’offre de l’Université du Manitoba à condition de pouvoir amener avec lui huit brillants collègues avec qui il travaillait dans son laboratoire. Il voulait que le travail fait à Winnipeg soit de calibre supérieur et il était un chef d’équipe loyal. Après quelques hésitations en raison des coûts, l’université a accepté sa demande et sept des huit collègues du Dr Dhalla l’ont suivi à Winnipeg.

Dès les débuts de sa carrière, le Dr Dhalla a cru en l’importance de s’occuper des gens qui travaillaient pour lui et leur a laissé toute la latitude voulue pour exceller.

« Je considère qu’il est absolument important pour un administrateur d’être très près de son équipe. Il faut s’en préoccuper, affirme le Dr Dhalla. C’est comme pour les plantes. On sème une graine, puis il faut prendre soin de la plante et lui donner de l’amour. C’est la même chose en amenant de jeunes chercheurs ici, il faut s’en occuper. Il faut leur faire sentir que ce sont eux qui sont des gens importants et non vous-même. Il faut faire face à toutes les idiosyncrasies avec beaucoup de doigté. J’appelle ça de l’amour. »

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Le style adopté par le Dr Dhalla pour diriger un laboratoire, et sa riche et profonde expertise, ont permis d’acquérir d’importantes connaissances de nouvelle génération dans trois principaux domaines de la recherche sur les maladies du cœur : l’hypertrophie cardiaque et l’insuffisance cardiaque congestive; les lésions d’ischémie-reperfusion; et la dysfonction cardiaque chez les diabétiques.

L’hypertrophie cardiaque est l’augmentation du volume du muscle cardiaque qui entraîne un rétrécissement de la cavité du cœur. Cette condition mène à l’insuffisance cardiaque congestive (ICC). Le Dr Dhalla émet une hypothèse particulière concernant la façon dont l’ICC se développe et a un lien avec le remodelage des « organites subcellulaires ». En perçant la nature précise du développement de l’ICC, le Dr Dhalla et ses collègues sont confiants qu’il sera possible de produire des médicaments mieux ciblés et plus efficaces.

En ce qui concerne les lésions d’ischémie-reperfusion, le Dr Dhalla tente de déterminer si certains médicaments peuvent prévenir les légions causées aux tissus au moment de rétablir la circulation sanguine après le traitement des obstructions artérielles. Il a découvert que la surcharge de calcium, le stress oxydatif et l’activation de la protéase sont des mécanismes majeurs des cardiopathies ischémiques.

En comprenant la relation entre le diabète et la santé cardiaque, le Dr Dhalla a trouvé un nouveau mécanisme pour comprendre comment le calcium pénètre dans les cellules cardiaques. Cette découverte est importante, car la régulation du calcium dans l’organisme fait partie intégrante de la santé du cœur. Grâce à ces travaux, il a découvert deux nouvelles interventions pouvant réduire certains des problèmes cardiaques les plus graves associés au diabète chronique. Il a été un véritable pionnier en étudiant les liens entre le diabète et la dysfonction cardiaque. Il a ignoré les détracteurs et a prouvé que le muscle cardiaque s’affaiblit avec le temps chez les personnes atteintes de diabète et que 80 % des diabétiques meurent de problèmes cardiovasculaires. À une certaine époque, le laboratoire du Dr Dhalla faisait partie des trois seuls laboratoires au monde à examiner ces liens.

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« J’ai apporté une contribution assez importante à la médecine universitaire. J’essayais de comprendre comment l’insuffisance cardiaque apparaissait en présence de diverses maladies, explique le Dr Dhalla. J’ai essayé de nombreux modèles expérimentaux de maladies du cœur. En fait, nous avons été les premiers au monde à découvrir que les membranes se détériorent et que c’est pour cette raison qu’il y a des anomalies dans la gestion du calcium. Voilà pourquoi l’insuffisance cardiaque apparaît. Je pense avoir été l’une des deux premières personnes au monde à démontrer qu’il y a des anomalies dans la gestion du calcium dans un cœur défaillant. »

Le Dr Dhalla brûle de percer les mystères de l’ICC et des maladies du cœur, les principales causes de mortalités dans le monde. L’ICC entraîne une accumulation de liquide dans l’organisme et cause de la fatigue, un gonflement et de la faiblesse. À son paroxysme, l’insuffisance cardiaque peut mener à une mort cardiaque subite, ce qui diffère d’une crise cardiaque. Même des athlètes d’élite peuvent mourir subitement. Auparavant, on croyait qu’en pareil cas le corps produisait un excès d’hormones de stress appelées catécholamines, mais le Dr Dhalla a démontré que la situation était plus nuancée que cela. « Je crois que les catécholamines ne sont pas nocives tant qu’elles restent des catécholamines. Le problème vient du fait qu’en quantité excessive, ces hormones ne restent pas des catécholamines, mais deviennent oxydées. C’est là que réside le problème », ajoute le Dr Dhalla.

Pour cette raison, le Dr Dhalla encourage la consommation d’antioxydants. Bien que les antioxydants ne puissent pas renverser ni guérir les maladies du cœur, « ils sont excellents pour prévenir la progression de la maladie », affirme le Dr Dhalla.

Bien que le Dr Dhalla demeure enthousiaste concernant le travail fait en laboratoire, il est particulièrement fier du rôle qu’il a joué pour réunir la communauté internationale de la recherche sur les maladies du cœur dans le but de faire progresser la science grâce au dialogue et à la collaboration.

Il a occupé les fonctions de secrétaire général de l’International Society for Heart Research pendant 17 ans et celles de président pendant trois ans. Au total, il a été actif au sein de cette société pendant 26 ans. « Cette organisation a très bien réussi à promouvoir la recherche sur les maladies cardiovasculaires dans le monde entier, dit le Dr Dhalla. Elle est devenue l’une des organisations les plus respectées dans le domaine. » Le Dr Dhalla a joué un rôle crucial dans la venue de l’important congrès en cardiologie de cette société à Winnipeg, en 2001. Quelque 2000 personnes étaient présentes, toutes déterminées à parfaire les connaissances, promouvoir la recherche et établir des partenariats.

En 1996, le Dr Dhalla est devenu le directeur administratif de la nouvelle International Academy of Cardiovasculaire Sciences. Le siège de l’Académie se trouve à Winnipeg et on trouve plusieurs bureaux dans le monde. Le Dr Dhalla est toujours son directeur administratif. L’organisation a été fondée pour fournir une tribune à de jeunes chercheurs. Elle est devenue une organisation influente qui regroupe les 250 meilleurs chercheurs sur les maladies cardiovasculaires, y compris six chercheurs nobélisés. L’Académie reconnaît aussi les travaux de jeunes chercheurs et de scientifiques chevronnés et remet de nombreux prix.

La carrière du Dr Dhalla est fondée sur l’excellence, l’éducation, les relations et la passion. Il a toujours cherché à placer la barre plus haute dans ses propres recherches sur les maladies du cœur et il a été une source d’inspiration pour de jeunes chercheurs, à Winnipeg et dans le reste du monde, pour faire progresser la lutte contre les maladies du cœur.

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