Avoir du cœur à l’ouvrage

Faire avancer la science et inspirer les jeunes de la région

À titre de chercheur et de directeur de l’Institut des sciences cardiovasculaire du Centre de recherche Albrechtsen de l’Hôpital Saint-Boniface, le Dr Pawan Singal est à l’avant-plan de la lutte internationale contre les maladies du cœur depuis les années 1970.

Il a publié plus de 250 articles, est coauteur de 30 livres et a été cité par d’innombrables chercheurs dans le monde. On lui attribue le déclenchement de la recherche sur les radicaux libres et le stress oxydatif.

De nombreux patients ayant survécu à une crise cardiaque souffrent par la suite d’insuffisance cardiaque. Pourquoi? Le Dr Singal a découvert que lorsque le traitement de l’oxygène à l’intérieur d’une cellule est perturbé d’une quelconque façon (comme c’est le cas après une crise cardiaque), des radicaux libres apparaissent. Les radicaux libres sont des molécules hautement réactives, des dérivés toxiques qui peuvent causer du tort à l’organisme. On présume donc que l’insuffisance cardiaque peut être provoquée par ces radicaux libres. Il s’agit d’une découverte fondamentale.

« Cela nous indique immédiatement que certains patients réagissent bien à un médicament. Pour d’autres patients, le même médicament, utilisé pour la même maladie, provoque une réaction différente. »

« Nous avons fait de premières expérimentations très primitives. Nous avons acquis des connaissances, les avons approfondies, avons acquis d’autres connaissances pour encore une fois les approfondir. Maintenant, la moitié des laboratoires du monde parlent du rôle du stress oxydatif dans leurs études, peu importe le sujet de recherche, affirme le Dr Singal. Non seulement pour le cœur, mais aussi pour les autres systèmes de l’organisme. C’est réconfortant de voir cela. »

En plus de la compréhension fondamentale du stress oxydatif, le Dr Singal a joué un rôle de premier plan dans l’étude de l’impact de la doxorubicine, un médicament utilisé pour traiter le cancer, sur le cœur. Bien que ce médicament soit utilisé depuis longtemps pour traiter le cancer, le Dr Singal et ses collègues ont découvert il y a plusieurs années que la doxorubicine peut causer une insuffisance cardiaque.

Au fur et à mesure que le cancer progresse, explique le Dr Singal, on a tendance à augmenter la dose. « Il faut trouver un compromis, dit-il à propos de la doxorubicine. On doit cesser à un certain moment, car il n’y aura plus rien à gagner. Le patient mourra d’insuffisance cardiaque. »

Les travaux révolutionnaires sur la doxorubicine ont eu une influence sur le traitement du cancer. Ils ont aussi posé les jalons pour les recherches actuelles que mène le Dr Singal avec son collègue de l’Hôpital Saint‑Boniface, le Dr Davinder Jassal, sur les effets secondaires des plus récents médicaments pour lutter contre le cancer.

Une autre importante découverte signalée par le Dr Singal et ses collègues en 2012 porte sur la façon dont une certaine substance chimique dans l’organisme, l’interleukine 10 qui prévient habituellement la mort des cellules, pourrait en fait provoquer la mort cellulaire dans certaines conditions créées par la réaction innée de « transmission des signaux » de l’organisme.

« Cela nous indique immédiatement que certains patients réagissent bien à un médicament. Pour d’autres patients, le même médicament, utilisé pour la même maladie, provoque une réaction différente. C’est ce qui se produit, explique-t-il. Il y a des étapes sélectives. Si elles ne sont pas synchronisées avec le système, la réaction est différente, le résultat est différent. »

Il ajoute que ces travaux pourraient aussi améliorer notre connaissance de l’insuffisance cardiaque. « Le potentiel est énorme. »

En plus de son laboratoire, de son bureau et du milieu universitaire, le Dr Singal a une autre passion très importante liée à son travail : il souhaite inspirer la prochaine génération de scientifiques.

En décembre 2015, le Dr Singal a invité à Winnipeg le lauréat d’un prix Nobel, le Dr Peter Agre, pour qu’on lui remette le prix Robert Beamish, dans le cadre de la 17e cérémonie annuelle de remise des prix de l’Institut des sciences cardiovasculaires. Durant son séjour à Winnipeg, le Dr Agre, qui a remporté le prix Nobel de chimie en 2003, a rencontré un groupe formé de nombreux élèves des écoles secondaires de Winnipeg pour parler de son travail et de ses réalisations. Le Dr Agre était le troisième lauréat d’un prix Nobel invité par le Dr Singal à Winnipeg.

Le Dr Singal entretient aussi des relations privilégiées avec le Conseil tribal de Dakota Ojibway (DOTC) et a invité des élèves des communautés des Premières Nations du DOTC à ses causeries avec des lauréats du prix Nobel. Il a rendu visite à des membres de la communauté du DOTC de Portage la Prairie à deux reprises et a accueilli des élèves du DOTC dans son laboratoire. L’Institut des sciences cardiovasculaires a aussi élaboré un outil pédagogique pour motiver les élèves des Premières Nations à poursuivre leurs études et à envisager une carrière dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques.

Qu’il s’agisse d’enseigner à des étudiants universitaires ou de recevoir des élèves du secondaire, il encourage les jeunes à faire preuve de ténacité. « Il faut être résilients, créatifs et rester enthousiastes. »

« En science, mon message consiste à dire que les possibilités sont infinies pour parfaire les connaissances. On pense en savoir beaucoup, mais lorsqu’on gratte la surface, on constate que ce n’est que la pointe de l’iceberg. Une multitude de connaissances nouvelles se trouvent sous cette surface. »

Alors qu’il poursuit ses recherches novatrices, son enseignement d’une qualité exceptionnelle et ses efforts pour inspirer la prochaine génération, le Dr Singal est reconnaissant pour les collaborations internationales et les relations locales qui sont si importantes dans son travail. Il aime aussi beaucoup la vie au Manitoba. Lorsque le magazine Maclean’s a publié un article en janvier 2015 laissant entendre que Winnipeg était la ville la plus raciste au Canada, le Dr Singal n’a pas été très impressionné.

« Je leur ai écrit une lettre, dit le Dr Singal, qui a déjà organisé un atelier interconfessionnel sur la science et la spiritualité. De mon point de vue, nous sommes ouverts et accessibles. Je ne vois pas le racisme dont ils parlent. »

Par contre, le Dr Singal constate un sens de la communauté et une grande générosité. Il est très reconnaissant envers la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface et les donateurs et les donatrices qui soutiennent la recherche médicale. « Nous n’aurions pas pu arriver à ces résultats sans l’aide de la Fondation , ajoute-t-il.

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