La plomberie humaine

Des soins axés sur des interventions avec effraction minimale

Lorsqu’on demande au Dr Randy Guzman d’expliquer son travail, il répond simplement qu’il fait de la plomberie… pour les humains. À titre de chirurgien vasculaire, le Dr Guzman s’occupe des artères et des veines (à l’exception de celles du thorax et de la tête), soit la tuyauterie humaine dans laquelle le sang circule.

En plus de 20 ans de pratique, le Dr Guzman a été témoin d’une transition considérable vers des interventions à effraction minimale. On pratique moins de chirurgies conventionnelles et on a davantage recours à des interventions pour installer des endoprothèses, à des fils et à des médicaments. De plus, la technologie est en constante évolution.

« Au fil du temps, les appareils sont devenus plus petits, plus simples et plus faciles à utiliser », mentionne le Dr Guzman, qui a étudié à l’Université du Manitoba.

« Le corps subit moins de stress et il y a moins d’infections, moins d’immobilité, moins de caillots sanguins et moins d’anxiété. »

Il dit qu’à une certaine époque, la plupart des interventions nécessitaient de grandes incisions et des procédures chirurgicales complexes qui exigeaient une longue convalescence. Aujourd’hui, l’hospitalisation des patients est de très courte durée, « habituellement de quelques jours. On pratique une incision dans l’aine. Ils ne sentent pratiquement rien. C’est assez génial. »

Grâce à des techniques à effraction minimale, « le corps subit moins de stress et il y a moins d’infections, moins d’immobilité, moins de caillots sanguins et moins d’anxiété ».

Selon le Dr Guzman, une autre amélioration majeure concerne la facilité à laquelle on peut maintenant utiliser les appareils d’échographie.

« Maintenant, au lieu de ces énormes machines, nous avons des appareils portatifs, comme des ordinateurs portables, ajoute-t-il en parlant du matériel financé en partie par la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface. Je les utilise chaque jour pour presque tous mes patients. Il est question de soins fournis au point de service. Il s’agit de meilleurs soins. Je peux examiner les veines immédiatement avant l’opération. Je peux savoir dans quel état elles sont et où faire l’incision. Ça fait vraiment partie de mon travail de tous les jours. C’est un avantage que nous a fourni la Fondation. »

Au cours de son illustre carrière, le Dr Guzman a été publié une cinquantaine de fois et a été chercheur principal pour plus de 35 projets de recherche.

Aujourd’hui, il prend part à de nombreuses études multicentriques qui permettront de parfaire les connaissances sur la chirurgie vasculaire et les approches optimales concernant différentes pathologies. Une importante étude nord-américaine compare les thérapies « endovasculaires » (à effraction minimale; en passant par les veines) et la chirurgie conventionnelle pour le traitement de l’ischémie critique des membres inférieurs. L’ischémie critique des membres inférieurs est une affection qui menace les membres inférieurs en raison d’une mauvaise circulation ayant causé de la gangrène ou une ulcération.

L’étude CREST est une autre étude multicentrique à laquelle participe le Dr Guzman. L’étude CREST (Carotid Revascularization Endarterectomy versus Stenting Trial) porte sur la revascularisation par endartériectomie carotidienne par opposition à l’implantation d’endoprothèses vasculaires. Encore une fois, il s’agit de comparer les techniques chirurgicales conventionnelles aux techniques endovasculaires, mais en ce qui concerne plus spécifiquement les artères carotides situées dans le cou.

L’endartériectomie est une intervention chirurgicale conventionnelle qui consiste à enlever la plaque dans les artères du cou qui pourraient entraîner un AVC si aucune intervention n’était faite. Le Dr Guzman décrit cette intervention en disant qu’il s’agit de déboucher les tuyaux du cou. »

Le Dr Guzman explique qu’une étude complémentaire à l’étude CREST aura une composante pharmaceutique.

« La technologie s’est améliorée, tout comme les médicaments, dit-il. Parfois, il vaut mieux ne pas faire d’opération. Il faut peser le pour et le contre et évaluer les risques et les avantages. Dans pareil cas, les avantages d’une chirurgie ou d’une intervention ne sont pas clairs par rapport à la thérapie médicale qui s’est énormément améliorée au cours des 10 à 20 dernières années. Pour un patient ayant une grave constriction des artères, vaut-il mieux intervenir ou poursuivre la thérapie médicale? Voilà la question à l’étude. Il s’agit d’une étude importante. »

Pour le Dr Guzman, la possibilité d’établir des liens et de collaborer au sein d’un même établissement pour son travail clinique et ses recherches représente un atout majeur.

« Je crois que l’infrastructure que nous avons ici à Saint­­­-Boniface représente un avantage, ajoute-t-il. C’est extraordinaire d’être près des chercheurs et des autres cliniciens. L’infrastructure physique est incroyable. On ne voit pas ça partout… C’est très spécial. »

En ce qui concerne cette incroyable infrastructure, il rêve qu’il y ait bientôt des installations hybrides pour les interventions endovasculaires qui compteraient des appareils d’imagerie de pointe et du matériel pour les interventions à effraction minimale, tout en permettant aussi les chirurgies conventionnelles. « Bon nombre des ces interventions complexes nécessitent une composante pour la chirurgie conventionnelle ouverte et une composante pour les interventions endovasculaires. Voilà l’avantage d’une installation hybride », explique-t-il. Il espère qu’il y aura un jour des fonds pour transformer ce rêve en réalité.

« L’amélioration des soins aux patients est notre principale motivation, affirme le Dr Guzman. Lorsqu’on voit chaque jour des patients qui ont une maladie qui met leur vie ou leurs membres en danger, on réfléchit constamment à sa propre situation. J’éprouve de la reconnaissance chaque jour pour mon travail, ma situation, mon lieu de travail et le fait de faire partie de l’équipe de Saint-Boniface. Chaque jour est une bénédiction. »

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