Levons nos verres à la recherche

Ouvrir la voie dans le domaine de la santé cardiovasculaire

Bravo! Cul sec! Santé! – Voilà des expressions amusantes que l’on dit lorsqu’on trinque avec un ami. Toutefois, si vous prenez un verre de vin avec le Dr Thomas Netticadan, vous l’entendrez plutôt dire « À la santé! » ou « À ta santé! ».

Le Dr Netticadan et son équipe du laboratoire de recherche sur l’insuffisance cardiaque et du Centre canadien de recherches agroalimentaires en santé et médecine (CCRASM) du Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface constituent le premier groupe au monde qui fait progresser les études relatives aux effets du resvératrol sur les patients qui souffrent d’insuffisance cardiaque.

Le resvératrol est une substance que l’on trouve dans la peau des raisins rouges et que nous consommons en buvant du vin rouge. Il s’agit d’un antioxydant qui prévient la progression de l’hypertrophie cardiaque, comme l’ont prouvé en laboratoire le Dr Netticadan et ses collaborateurs. Cela signifie que le resvératrol peut freiner la croissance nocive du cœur, qui ultimement causerait une insuffisance cardiaque.

Le Dr Netticadan étudie le resvératrol depuis 2004. Les récentes conclusions, qui font maintenant l’objet d’essais cliniques auprès de patients, ne constituent qu’un aspect de cette avancée scientifique.

Le resvératrol – Du laboratoire au chevet du patient

« Nous avons déjà publié les très bons résultats d’un essai clinique mené chez des diabétiques, dit‑il. Le resvératrol a abaissé la glycémie, le taux d’insuline dans le sang et a amélioré le taux de cholestérol LHD, le bon cholestérol. C’était le troisième essai clinique mené sur des patients atteints de diabète de type 2 à être couronné de succès dans le monde, mais également le plus important, car il a démontré que le resvératrol abaisse le glucose de 19 %, observation que nous avons faite sur des patients sous metformine et médicaments courants pour les diabétiques. »

Le resvératrol est une phytoalexine, explique-t-il. « C’est une molécule qui combat l’infection. Elle a plusieurs applications, on l’utilise notamment pour combattre les infections cutanées. C’est majeur. Les phytoalexines sont des agents antimicrobiens et antibactériens; ce sont des propriétés importantes. »

Le Dr Netticadan tente essentiellement de démontrer que le resvératrol a un rôle à jouer dans la prévention de la cardiopathie ainsi que dans son traitement. Les répercussions possibles sont énormes étant donné que la cardiopathie est la principale cause de décès en Amérique du Nord et dans d’autres parties du monde. « Eh bien, nous avons simplement besoin de quelques années supplémentaires de confirmation, affirme-t-il. Le resvératrol fait déjà l’objet d’un essai clinique et les résultats sont encourageants. Si la tendance se maintient et qu’il n’y a aucun effet négatif, je crois qu’il fera probablement partie des médicaments courants. »

« Si la tendance se maintient et qu’il n’y a aucun effet négatif, je crois que le resvératrol fera probablement partie des médicaments courants. »

Un travail fait pour moi

Ayant grandi à Bombay (aujourd’hui Mumbai), le Dr Netticadan n’était au départ nullement intéressé par les sciences. C’était un mordu de géographie et d’histoire qui s’est tourné vers la biologie lorsqu’il s’est rendu compte que le marché du travail en Inde ne manquait alors pas de géographes ni d’historiens.

« Quelque part en cours de route, j’ai compris que je voulais être enseignant. J’ignorais de quoi il s’agissait, mais voir mes professeurs enseigner – ils venaient donner leurs cours – me fascinait, explique le Dr Netticadan, qui enseigne toujours. J’avais beaucoup d’admiration pour eux et maintenant que j’enseigne depuis plus de 13 ans, je sais que ce travail est fait pour moi. J’adore ça! »

Après ses études à l’Université de Bombay, le Dr Netticadan a effectué des travaux postdoctoraux à Paris, en France, et à London, en Ontario, avant de venir à Winnipeg comme associé en recherche. Il est resté brièvement à Cincinnati, en Ohio, comme chercheur invité, puis est revenu à l’Université du Manitoba comme professeur adjoint. Membre du personnel de l’Hôpital Saint-Boniface et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, il est demeuré professeur auxiliaire à l’Université du Manitoba. Outre son travail sur les raisins et le resvératrol, il étudie également les bleuets, les framboises, les amélanches, les huiles alimentaires et les carottes.

Prendre « à cœur » les conseils de ses parents

Le Dr Netticadan attribue son succès et son amour de l’apprentissage à ses parents aujourd’hui décédés.

« Ma mère et mon père, comme la plupart des parents indiens, voulaient que leurs enfants se hissent au sommet, quel que soit le domaine dans lequel ils s’étaient lancés. Que ce soit en médecine, en ingénierie, en science, en art, en commerce, peu importe, ma mère et mon père voulaient que j’atteigne le sommet, pour m’assurer le niveau d’éducation plus élevé, se rappelle‑t‑il. Ils ont consacré toutes leurs ressources à l’éducation de leurs trois enfants, plutôt qu’à des choses matérielles. Au début, nous n’avions même pas de voiture. »

Le respect et l’amour du Dr Netticadan pour ses parents se manifestent largement dans son travail.

« Ma mère et mon père souffraient tous les deux de cardiopathie. Ma mère avait une affection du cœur causée par le diabète et mon père par l’hypertension artérielle, ajoute-t-il. Pour moi, c’est très motivant de travailler dans le domaine cardiovasculaire, de faire de la recherche, et je fais exactement la recherche que je veux faire, sur la cardiopathie, l’insuffisance cardiaque et la cardiopathie qu’entraînent l’hypertension artérielle et le diabète. »

Pour en savoir plus sur le Dr Thomas Netticadan: www.sbrc.ca/netticadan 

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